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Les grandes fêtes de Pamiers, version 1898, sont terminées depuis le mardi 30 août. Le samedi 3 septembre 1898, le chroniqueur de l’Étoile de l’Ariège en fait sur quatre colonnes à la une un compte rendu détaillé et particulièrement enthousiaste, dont les accents lyriques ne vous échapperont pas ! En voici quelques extraits qui donnent une idée de l’ambiance qui régnait dans la ville :
« Première journée : Je ne saurais dépeindre l’éclat qui préside à nos fêtes si je n’avais eu sous les yeux les splendeurs qui se sont déroulées dans l’accomplissement de la première journée. Dès quatre heures de l’après-midi, alors que le canon grondait sur le plateau du Castella, dix superbes cavaliers montés sur des coursiers intrépides, précédés d’un magnifique héraut d’armes ont parcouru les rues de notre cité pour annoncer le début des réjouissances…Le soir, à 8 heures, voici la surprise tant attendue des appaméens : une retraite imposante, je dirais mieux, fantastique s’est déroulée dans les rues brillamment décorées et illuminées, au milieu d’une foule immense. A 10 heures brillante soirée musicale donnée par « l’Estudiantina » et les « Veneurs appaméens »…
« Deuxième journée : Cinq heures du matin ! Depuis mon lit j’entends une joyeuse fanfare de cavalerie qui me fait arriver à la fenêtre. Oh ! l’agréable surprise ! Ce sont les hérauts d’armes qui réveillent les habitants et les invitent à bien recevoir leurs amis et connaissances que les trains du matin vont nous amener… Ces trains sont bondés, car peu à peu nous voyons les rues envahies par une nuée d’étrangers émerveillées de passer sous un immense rideau de verdure, d’oriflammes multicolores et de fleurs les plus variées…
« … A deux heures, la Commission, précédée de la Société Philharmonique se rend à Milliane au concours hippique où déjà une nombreuse assistance a envahi les coquettes tribunes dues à la munificence de la municipalité…Le spectacle reçoit un accueil mérité : on ne s’est pas ennuyé un seul instant pendant les trois heures que dure cette séance…
« Vers cinq heures on se rend place de la République pour écouter un concert donné par la musique du 59ème ; les rues sont noires de monde, impossible de circuler…Mais voici un coup de vent, le ciel devient noir et une pluie fine et pénétrante se met à tomber. Elle ne cessera pas : donc, point d’illumination, point de feu d’artifice, point de danses…Quelle déception !…
« Troisième journée : Enfin, le ciel s’est éclairci ; le soleil se met de la partie…Dans les divers quartiers, les jeux procurent un moment de divertissement aux habitants encore moroses des suites du mauvais temps de la veille…Vers deux heures, la foule se dirige vers Milliane pour assister à la deuxième journée du concours hippique. Les tribunes étaient combles.
« Le soir, la fête de nuit sur le plateau du Castella a été une véritable merveille.
« Quatrième journée :…Avec le jour de la grande foire régionale se sont clôturées ces belles fêtes dont on conservera longtemps le souvenir…. »
Entre éclats de fanfares, splendeurs équestres et illuminations féeriques, les fêtes de 1898 ont offert à Pamiers un souffle d’allégresse populaire et de prestige, gravant dans les mémoires l’image d’une cité vibrante et rayonnante.